Éducation

49/66

Alimentation et développement mental

Il faudrait prêter beaucoup plus d'attention qu'on ne le fait aux rapports qui existent entre l'alimentation et le développement intellectuel. Des erreurs d'alimentation sont souvent à l'origine de la confusion et de la lourdeur d'esprit. Éd 231.1

On admet fréquemment que l'appétit est un bon guide dans le choix de la nourriture. Si l'on s'était toujours conformé aux lois de la santé, ce serait exact. Mais le goût a été tellement perverti par des générations de mauvaises habitudes qu'il réclame sans cesse des plaisirs nuisibles et que l'on ne peut plus s'y fier. Éd 231.2

Dans leur cours d'hygiène, les élèves devront bien étudier la valeur nutritive des différents aliments, la portée d'une alimentation fortifiante étudiée avec soin, les conséquences d'une alimentation carencée. Le thé et le café, le pain de farine fine, les pickles, les légumes de mauvaise qualité, les sucreries, les condiments, les pâtisseries ne contiennent pas les nutriments convenables. Beaucoup d'étudiants se sont effondrés pour avoir usé de ces aliments. Et combien d'enfants chétifs, incapables du moindre effort physique ou intellectuel, victimes d'une nourriture pauvre! Les céréales, les fruits, les oléagineux et les légumes, mélangés les uns aux autres dans des proportions convenables, contiennent tous les éléments nutritifs nécessaires; correctement préparés ils assurent l'alimentation qui contribue le mieux au développement des forces physiques et mentales. Éd 231.3

Mais il ne suffit pas de considérer la nourriture elle-même, il s'agit aussi de l'adapter à celui qui la reçoit. Souvent une nourriture qui peut être absorbée sans restriction par des travailleurs manuels, ne conviendra pas à des gens qui s'adonnent essentiellement à un travail intellectuel. Il faut aussi savoir associer les aliments. Ceux qui ont des activités cérébrales ou sédentaires ne devraient pas au cours d'un même repas consommer des aliments trop variés. Éd 232.1

Il faut aussi se garder de trop manger, même la nourriture la plus saine. La nature utilise juste ce qu'il lui faut pour chaque organe; ce qui est en trop encrasse l'organisme. On croit souvent que des étudiants tombent malades pour avoir trop travaillé, alors qu'en fait ils ont trop mangé. Si l'on accorde aux règles de santé une attention convenable, il n'y a guère à redouter le surmenage; bien souvent ce prétendu épuisement intellectuel provient d'une surcharge de l'estomac qui fatigue le corps et affaiblit l'esprit. Éd 232.2

Mieux vaudrait, le plus souvent, deux repas par jour plutôt que trois. Le dîner pris de bonne heure empiète sur la digestion du précédent repas. Pris tard, il n'est pas digéré avant le sommeil; aussi l'estomac ne peut-il se reposer correctement. Sommeil troublé, nerfs et cerveau fatigués, pas d'appétit au petit déjeuner: l'organisme n'est ni détendu ni prêt à affronter les tâches de la journée. Éd 232.3

Il ne faut pas négliger l'importance de la régularité des horaires, pour les repas et le sommeil. Les heures du repos sont des heures où le corps se bâtit, et il est essentiel, pour les jeunes en particulier, de dormir régulièrement et suffisamment. Éd 232.4

Nous devons, autant que possible, éviter de manger à la hâte. Moins nous aurons de temps pour un repas, moins nous devrons manger. Il vaut mieux supprimer un repas que manger sans mâcher correctement. Éd 233.1

Le repas devrait être un moment de délassement et d'échange. Tout ce qui pèse ou irrite devrait être oublié. Laissons s'exprimer notre bonne humeur, notre confiance, notre reconnaissance envers celui qui nous accorde toutes choses, et la conversation sera joyeuse, faite de pensées qui n'importunent pas, mais élèvent. Éd 233.2

La tempérance, la discipline ont un merveilleux pouvoir. Elles contribuent, bien mieux que les circonstances ou les aptitudes naturelles, à développer la douceur et l'égalité d'humeur qui aplanissent si bien le chemin de la vie. D'autre part, la maîtrise de soi ainsi acquise sera une des armes les plus solides pour affronter avec succès les dures réalités, les devoirs rigoureux qui sont le lot de chacun d'entre nous. Éd 233.3

Les voies de la sagesse “sont des voies agréables, et tous ses sentiers (apportent) la paix”. Proverbes 3:17. Puisse chacun de nos jeunes, appelés à un destin plus haut que celui des plus puissants rois, méditer ces paroles: “Heureux toi, pays [...] dont les ministres mangent au temps convenable, pour (prendre) des forces, et sans beuveries!” Ecclésiaste 10:17. Éd 233.4