Le Ministère Évangélique

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Paralysie morale

Comment les chrétiens tolèrent-ils ce fléau?... Il est cause de la paralysie morale de la société. Nos lois protègent ce mal qui cependant sape leurs fondements. Bien des gens déplorent cet état de choses, mais se considèrent comme dégagés de toute responsabilité en la matière. Ils ont tort. Chaque individu exerce son influence sur la société. Dans notre pays, tous les citoyens peuvent par leur vote avoir une action sur les lois qui régissent la nation. Cette influence et ce vote ne devraient-ils pas faire pencher la balance du côté de la tempérance et de la vertu?... ME 378.1

Nous pouvons rallier au combat les amis de la tempérance et chercher à endiguer le flot d'immoralité qui envahit le monde. Mais de quelle valeur sont nos efforts aussi longtemps que la vente de l'alcool est autorisée par la loi? Est-ce que cette malédiction va reposer à jamais comme une flétrissure sur notre pays? Va-t-elle chaque année s'étendre comme un feu dévorant sur des milliers de foyers naguère heureux? ME 378.2

Nous tremblons à la pensée de ces résultats désastreux, et nous nous demandons quel remède y apporter, tandis que trop souvent nous tolérons et même nous sanctionnons la cause. Les défenseurs de la tempérance manquent à leurs devoirs aussi longtemps que par le précepte et l'exemple — par la parole, la plume et le vote — ils ne s'efforcent pas de faire aboutir des lois de prohibition et d'abstinence totale. N'attendons pas que Dieu fasse un miracle pour en arriver là et qu'il nous évite ainsi d'intervenir nous-mêmes. Nous devons attaquer de front cet ennemi géant. Notre mot d'ordre doit être: Pas de compromis et pas d'interruption dans nos efforts jusqu'à la victoire... ME 378.3

Que peut-on faire contre ce fléau? Exiger des lois qui interdisent la vente et l'usage des spiritueux. Encourager chaque effort entrepris pour revenir à la vertu et à la tempérance. Mais il faut plus encore pour écarter de notre pays la malédiction. Il faut que le désir qui pousse les hommes à s'empoisonner d'une telle façon soit extirpé et ainsi l'usage et la vente de ces boissons s'arrêteront. Sur les parents repose en grande partie cette responsabilité. En observant eux-mêmes une stricte tempérance, ils feront une vive impression sur le caractère de leurs enfants et formeront en eux, avec la crainte de Dieu, des habitudes de renoncement et de maîtrise de soi. La jeunesse élevée de la sorte aura la force morale nécessaire pour résister à la tentation et se rendre maîtresse de ses appétits et de ses passions. Elle ne se laissera pas ébranler par la démence et la dissipation qui ruinent la société. ME 379.1

La prospérité d'une nation dépend des vertus et de l'intelligence des citoyens. Pour posséder de tels bienfaits, les habitudes d'une stricte tempérance sont indispensables. L'histoire des peuples anciens fourmille d'exemples qui sont pour nous un avertissement. Le plaisir, la volupté et les mœurs dissolues ont préparé la décadence de ces peuples. L'avenir prouvera si notre propre pays profitera de l'exemple et évitera leur sort. — The Review and Herald, 8 novembre 1881. ME 379.2

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