Le Ministère Évangélique

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Un bon usage des dons de la providence

Notre Créateur a répandu ses bienfaits sur l'homme d'une main libérale. Si tous les dons de la Providence étaient employés avec sagesse et modération, la pauvreté, la maladie, la détresse seraient presque bannies de la terre. Mais hélas! nous voyons de toutes parts les bénédictions de Dieu changées en malédictions par la méchanceté des hommes. ME 376.3

Il n'y a pas d'humains plus coupables de perversion et d'abus des dons précieux de Dieu que ceux qui emploient les produits du sol pour en fabriquer des liqueurs qui intoxiquent. Les riches céréales, les fruits sains et délicieux, sont transformés en breuvages qui pervertissent les sens et détraquent le cerveau. Le résultat de l'usage de ces poisons, c'est que des milliers de familles sont privées de confort et même des éléments essentiels à la vie; les actes de violence et les crimes vont en se multipliant et la maladie et la mort précipitent des milliers de victimes dans la tombe par la faute de l'ivrognerie. ME 377.1

Cette œuvre de destruction se poursuit sous la protection des lois! Pour une méchante somme d'argent, des hommes sont autorisés à vendre à leurs semblables une boisson qui les privera non seulement de tout ce qui rend la vie agréable, mais aussi de tout espoir pour la vie à venir. Ni le législateur ni le marchand n'ignorent le résultat d'une pareille pratique. Au bar de l'hôtel, à la brasserie, au café, l'esclave de ses appétits dépense son argent pour un produit qui détruit la raison, la santé et le bonheur. Quant au vendeur, il emplit sa caisse de sommes qui auraient dû fournir la nourriture et le vêtement à la famille du pauvre ivrogne. ME 377.2

C'est là la plus vile espèce de vol. Cependant, des hommes qui occupent de hautes positions dans la société et dans l'Eglise, soutiennent de leur influence des lois aussi néfastes!... C'est ainsi que la société est corrompue, que les bagnes et les prisons regorgent de misérables et de criminels, et que les gibets ne manquent jamais de victimes. Le mal ne s'arrête pas à l'ivrogne et à sa malheureuse famille. Le fardeau des impôts s'accroît, les mœurs de la jeunesse sont menacées, les biens et même la vie de chaque membre de la société sont en danger. Mais une telle plaie sociale ne sera jamais dépeinte avec des couleurs trop vives; elle sera toujours en-dessous de la vérité. Aucune plume humaine ne pourra complètement décrire les horreurs de l'intempérance... ME 377.3