Éducation

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Daniel, ambassadeur de Dieu

A Babylone, Daniel et ses compagnons furent apparemment plus favorisés par le sort dans leur jeunesse que ne l'avait été Joseph au cours des premières années de sa vie en Egypte; cependant, leurs caractères furent mis à l'épreuve presque aussi rigoureusement. Enlevés à la relative simplicité de leurs maisons de Judée, ces jeunes gens de sang royal furent transportés dans une ville splendide, à la cour d'un roi des plus illustres; ils furent choisis et destinés au service du roi. Dans cette cour somptueuse et corrompue, les tentations étaient fortes. Les adorateurs de Jéhovah étaient prisonniers à Babylone; les vases de la maison de Dieu avaient été déposés dans le temple des idoles babyloniennes; le roi d'Israël lui-même était entre les mains des Babyloniens; tout cela, clamaient les vainqueurs, prouvait assez que leur religion et leurs mœurs étaient bien supérieures à celles des Hébreux. C'est dans ces circonstances, au milieu des humiliations qu'Israël s'était attirées en s'écartant des commandements divins, que Dieu administra à Babylone la preuve éclatante de sa toute-puissance, de la sainteté de sa loi, et des résultats de l'obéissance; il fit cette démonstration de la seule manière convenable, par l'intermédiaire de ceux qui lui étaient fidèles. Éd 64.3

Daniel et ses compagnons, à l'aube de leur carrière, subirent une épreuve décisive. L'ordre de les nourrir avec les mets de la table royale était l'expression de la faveur du roi et de l'intérêt qu'il leur portait. Mais une partie de cette nourriture avait été consacrée aux idoles, et si les jeunes gens acceptaient la faveur royale, on considérerait qu'ils se joignaient au culte rendu aux faux dieux. Leur fidélité à Jéhovah le leur interdisait. Ils ne s'aventurèrent pas plus à exposer leur épanouissement physique, intellectuel et spirituel aux effets débilitants du luxe et de la débauche. Éd 65.1

Daniel et ses compagnons avaient été fidèlement instruits dans les principes de la parole divine. Ils avaient appris à faire passer les besoins spirituels avant les besoins terrestres, à rechercher le bien authentique. Ils en reçurent la récompense. Leurs habitudes de tempérance, le sentiment qu'ils avaient d'être des représentants de Dieu, les aidèrent à développer au mieux les ressources de leur corps, de leur intelligence, de leur âme. Lorsque, au bout des années de formation, les candidats subirent l'examen final qui leur permettait d'accéder aux places d'honneur de l'Etat, “il ne s'en trouva aucun comme Daniel, Hanania, Michaël et Azaria”. Daniel 1:19. Éd 65.2

La cour de Babylone réunissait des représentants de tous les pays, des hommes aux talents exceptionnels, aux qualités nombreuses, dotés d'une immense culture. Cependant aucun d'eux n'égalait les prisonniers hébreux. Ceux-ci, que ce fût sur le plan de la force et de la beauté, sur celui de la vigueur intellectuelle et des connaissances littéraires, étaient incomparables. “Sur tous les sujets qui réclamaient de la sagesse et de l'intelligence, et sur lesquels le roi les interrogeait il les trouvait dix fois supérieurs à tous les magiciens et astrologues qui étaient dans tout son royaume.” Daniel 1:20. Éd 65.3

D'une fidélité à Dieu que rien n'ébranlait, d'une maîtrise de soi sans faille, Daniel, par sa dignité et par la considération qu'il témoignait aux autres, gagna très vite “la faveur et la grâce” de l'officier païen auquel il fut confié. Et il garda toujours ces qualités. Rapidement, il devint premier ministre. Plusieurs rois se succédèrent, l'empire s'effondra, un royaume rival s'établit; sa sagesse, sa perspicacité, sa délicatesse, sa courtoisie, sa bonté naturelle, jointes au respect qu'il avait de ses principes, étaient telles que ses ennemis eux-mêmes étaient contraints de reconnaître qu'ils ne pouvaient “trouver aucune occasion (de l'accuser), ni aucune erreur, parce qu'il était fidèle”. Daniel 6:5. Éd 66.1

Daniel était si bien attaché à Dieu de toute la force de sa confiance que le don de l'Esprit lui fut accordé. Les hommes l'honoraient en lui confiant les responsabilités et les secrets du royaume, et Dieu l'honorait en faisant de lui son ambassadeur et en lui dévoilant les mystères de l'avenir. Les rois païens, au contact de ce représentant du ciel, durent confesser le Dieu de Daniel. “En vérité, déclara Nebucadnetsar, votre Dieu est le Dieu des dieux et le Seigneur des rois, et il révèle les mystères.” Daniel 2:47. Et Darius, lorsqu'il fit sa proclamation “à tous les peuples, aux nations, aux hommes de toutes langues qui habitaient sur toute la terre”, exalta “le Dieu de Daniel”: Éd 66.2

Car il est le Dieu vivant
Et il subsiste à jamais!
Son royaume ne sera jamais détruit...
C'est lui qui sauve et délivre,
Qui opère des signes et des prodiges
Dans les cieux et sur la terre. Daniel 6:27, 28.
Éd 67.1