Témoignages pour l'Eglise, vol. 1

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Responsabilité des pauvres

Certaines personnes sont désireuses de donner selon leurs moyens et pensent que Dieu ne leur réclame pas davantage, puisqu'elles n'ont pas beaucoup d'argent. Elles ne disposent pas de revenus suffisants pour pouvoir épargner après avoir subvenu aux besoins de leur famille. Mais bien des personnes de cette catégorie devraient se poser la question suivante: Est-ce que je donne en rapport avec ce que je pourrais posséder? Dieu veut que les énergies de leur corps et de leur esprit soient mises en œuvre. Certaines personnes n'ont pas tiré le meilleur parti des capacités que Dieu leur a données. Le travail a été assigné à l'homme, à cause du péché qui l'a rendu nécessaire. Le bien-être physique, mental et moral de l'homme exige que l'on se livre à un travail utile. “Ayez du zèle, et non de la paresse” (Romains 12:11), telle est l'injonction de l'apôtre Paul. TE1 436.2

Personne, riche ou pauvre, ne peut glorifier Dieu par une vie d'indolence. Tout le capital que beaucoup de pauvres possèdent consiste dans le temps et la force physique qu'ils gaspillent souvent par l'amour de leurs aises et une insouciante indolence, de telle sorte qu'ils n'ont rien à apporter au Seigneur dans les dîmes et les offrandes. Si certains chrétiens manquent de sagesse dans le rendement de leur travail et l'usage judicieux de leurs forces physiques et mentales, ils devraient avoir l'humilité d'esprit d'accepter les conseils de leurs frères, qui peuvent juger mieux qu'eux et leur signaler leurs déficiences. Ils sont nombreux ceux qui se contentent de ne rien pouvoir faire pour le bien de leurs semblables et l'avancement de la cause de Dieu, et qui pourraient en réalité faire davantage s'ils le voulaient. Ils sont responsables de leur capital de forces physiques aussi bien que le riche de son capital en argent. TE1 437.1

Certains de ceux qui devraient apporter de l'argent au trésor divin devront au contraire en recevoir de ce dernier. Mais ils peuvent améliorer leur condition par un emploi judicieux de leur temps. Qu'ils cessent de s'engager dans des spéculations pour se procurer de l'argent plus facilement que par un travail patient et persévérant. Si ceux dont la vie n'est pas un succès voulaient se laisser instruire, ils pourraient s'entraîner eux-mêmes à des habitudes de renoncement et de stricte économie, et ils auraient la satisfaction de donner au lieu de recevoir. Il y a beaucoup de serviteurs paresseux. S'ils faisaient ce qui est en leur pouvoir, ils connaîtraient une si grande bénédiction en aidant les autres qu'ils comprendraient vraiment ce que veut dire cette parole: “Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir.” TE1 437.2

La générosité bien dirigée agit sur les énergies mentales et morales des hommes et les pousse à une action salutaire, qui consiste à s'intéresser efficacement à ceux qui sont dans le dénuement et aux progrès de l'œuvre de Dieu. Si ceux qui en ont les moyens pouvaient comprendre qu'ils sont responsables devant Dieu pour chaque somme, même minime, qu'ils dépensent, ils verraient qu'ils ont moins de besoins qu'ils ne le croient. Si leur conscience était éveillée, elle leur montrerait qu'ils ont tort de céder à leur appétit, à leur orgueil, à leur vanité, à leur amour des plaisirs et elle leur reprocherait le gaspillage de l'argent que le Seigneur leur a donné et qui aurait dû être consacré à sa cause. Ceux qui dilapident leurs biens auront des comptes à rendre à leur Maître. TE1 438.1