Le Ministère Évangélique

195/234

Chapitre 14 — Prêchez moins, enseignez davantage

A nos assemblées sous la tente, toute la prédication et tout l'enseignement biblique ne devraient pas être confiés à un ou deux prédicateurs seulement. A certaines heures, il vaudrait mieux que l'assistance se sépare en différents groupes, afin qu'ainsi l'instructeur soit plus près de son auditoire. ME 398.1

Il y a beaucoup trop de prédications dans nos assemblées. Cela charge d'abord trop lourdement les prédicateurs; ensuite, des sujets qui devraient retenir l'attention sont négligés. Bien des petites choses qui ouvrent la porte à des dangers sérieux passent inaperçues. Le prédicateur dépense ses forces physiques et il est privé du temps nécessaire à la méditation et à la prière. Il ne peut ainsi maintenir son âme sous l'influence de l'amour de Dieu. D'autre part, une telle suite de discours, sans interruption, ne permet pas aux assistants de s'approprier ce qu'ils entendent. Leurs esprits deviennent confus et les réunions paraissent fatigantes et ennuyeuses. ME 398.2

Il faudrait prêcher moins et enseigner davantage. Certaines personnes ont besoin d'éclaircissements et de précisions qu'elles ne peuvent recevoir en écoutant des sermons. En outre, il ne faut pas à tous le même temps pour comprendre les sujets présentés. Si la vérité enseignée pouvait être rendue plus claire, elle serait assimilée et fixée solidement dans les esprits. ME 398.3

Il m'a été montré qu'il faut que nos assemblées sous la tente augmentent en intérêt et en résultats. J'ai vu que, au fur et à mesure que nous approchons de la fin, on doit moins y prêcher et davantage y étudier la Bible. Que de petits groupes se forment ici et là, chacun ayant sa Bible à la main, et qu'on étudie ainsi les Ecritures librement, sur le ton de la conversation. ME 399.1

C'est ainsi que le Christ enseignait ses disciples. Quand les foules nombreuses s'assemblaient autour du Sauveur, il instruisait les disciples et la multitude. Mais après le discours, les disciples se mêlaient au peuple et répétaient ce que le Christ avait dit. Souvent, les auditeurs avaient mal interprété les paroles du Maître, et les douze leur disaient ce que les Ecritures enseignaient, et l'interprétation que le Christ avait donnée. — Testimonies for the Church 6:87, 88. ME 399.2

Le grand Maître plaçait ses auditeurs en contact avec la nature, afin qu'ils pussent entendre la voix qui parle à travers toute la création. A mesure que leurs cœurs s'attendrissaient et que leurs esprits s'ouvraient, il les aidait à interpréter l'enseignement spirituel contenu dans les scènes que leurs yeux contemplaient. Les paraboles au moyen desquelles il aimait à enseigner la vérité, montrent à quel point l'esprit de Jésus était ouvert aux influences de la nature, et comment il aimait à puiser dans les objets familiers qui l'entouraient, les leçons spirituelles dont ses auditeurs avaient besoin. ME 399.3

Les oiseaux des cieux, les lis des champs, le semeur et la semence, le berger et la brebis, telles sont les images dont le Christ illustrait l'immortelle vérité. Il tirait aussi des illustrations des événements courants de la vie et des expériences familières à ses auditeurs: le levain, le trésor caché, la perle, le filet, la drachme perdue, le fils prodigue, la maison sur le roc, et la maison sur le sable. Chacune de ces leçons contenait quelque chose d'intéressant pour chaque esprit et un appel pour chaque cœur. Ainsi la tâche que le Maître s'imposait chaque jour n'était pas une simple routine dépourvue de réflexion, mais elle était illuminée et idéalisée par le rappel constant des choses spirituelles et invisibles. — Education, 89. ME 399.4

*****