Témoignages pour l'Eglise, vol. 1

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Comment prier

Il m'a été montré qu'en cas de maladie, là où l'on peut prier sans arrière-pensée, il faut remettre la chose entre les mains du Seigneur avec une foi calme et non se laisser gagner par la fièvre de l'excitation. Dieu seul connaît le passé du malade, comme il connaît aussi son avenir. Celui qui sonde le cœur de tout homme sait si, une fois rétabli, le malade glorifiera son nom ou s'il le déshonorera en se détournant de la vérité. Tout ce que nous pouvons faire, c'est de demander à Dieu la guérison si telle est sa volonté, et de croire qu'il entend nos prières et en comprend les motifs. S'il voit que c'est pour sa gloire, il nous exaucera. Mais insister pour obtenir la guérison sans se soumettre à sa volonté, ce n'est pas bien.* TE1 241.2

Dieu est toujours capable de tenir ses promesses et l'œuvre qu'il confie à ses serviteurs, il peut l'accomplir par eux. Tout ce qu'il promet, il le fera pour quiconque se conforme à ses paroles. Mais ses grandes et précieuses promesses ne peuvent se réaliser pour ceux qui ne lui obéissent pas en tous points. TE1 242.1

Tout ce que l'on peut faire en priant pour les malades, c'est de supplier le Seigneur en leur faveur et de les remettre avec une entière confiance entre ses mains. Si nous gardons de l'iniquité dans notre cœur, le Seigneur ne nous exaucera pas. Il peut faire ce que bon lui semble de ce qui lui appartient. Il se glorifiera en opérant en ceux et par ceux qui le suivent en toutes choses. On reconnaîtra alors qu'il est l'Eternel et que leurs œuvres sont faites en Dieu. “Si quel qu'un me sert, le Père l'honorera.” Jean 12:26. Quand nous allons à lui, prions-le de nous faire comprendre quel est son dessein afin que nous puissions nous y conformer et que nos désirs et nos intérêts soient absorbés dans les siens. Il faut montrer que nous acceptons sa volonté et ne pas le prier de faire la nôtre. Il nous est avantageux que Dieu n'exauce pas toujours nos prières au moment et de la manière que nous le désirons. Il fera plus et mieux pour nous que d'accomplir tous nos désirs, car notre sagesse n'est que folie. TE1 242.2

Nous nous sommes agenouillés auprès du lit de malades d'âges divers et nous avons eu la conviction qu'ils avaient été arrachés à la mort en réponse à nos ferventes prières. Dans ces prières, nous avons cru devoir être formels et nous sentions que, si nous avions la foi, nous ne devions demander rien de moins que la vie. Nous n'osions pas ajouter: “Si c'est pour la gloire de Dieu,” de peur que notre requête eût une apparence de doute. Nous avons suivi avec le plus vif intérêt ceux qui nous avaient été en quelque sorte ramenés d'entre les morts. Nous en avons vu, surtout parmi les jeunes, qui, une fois guéris, se sont détournés de Dieu, ont mené une vie dissolue et sont devenus un sujet de tristesse et d'angoisse pour leurs parents et leurs amis ainsi que de confusion pour ceux qui avaient intercédé en leur faveur. Ils n'ont pas vécu pour l'honneur et la gloire de Dieu. TE1 242.3

Nous ne dictons plus au Seigneur ce qu'il doit faire et ne tendons plus à l'amener à se conformer à nos désirs. S'il peut être glorifié par la guérison du malade, nous lui demandons de le rétablir; néanmoins, nous ajoutons: “Que ta volonté soit faite et non la nôtre.” Notre foi est tout aussi ferme lorsque nous soumettons nos désirs à un Dieu dont la sagesse est infinie et que, sans anxiété fébrile, nous mettons en lui une confiance absolue, abandonnant toutes choses entre ses mains. Nous avons sa promesse qu'il nous exauce si ce que nous demandons est conforme à sa volonté. Nos supplications ne doivent pas revêtir la forme d'un ordre, mais d'une intercession. TE1 243.1

Quand l'Eglise sera unie, elle aura force et puissance. Mais si certains de ses membres sont adonnés à la mondanité et d'autres à la cupidité, vices que Dieu abhorre, le Seigneur ne fera que peu de choses en sa faveur. L'incrédulité et le péché nous séparent de Dieu. Nous sommes si faibles que nous ne pouvons pas supporter beaucoup de prospérité spirituelle, car nous ne tardons pas à attribuer la bénédiction de Dieu à nos mérites et à notre justice, alors qu'elle n'est qu'un effet de la grande miséricorde et de l'amour d'un Père céleste compatissant. TE1 243.2

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Dieu m'a montré pourquoi il n'exauce pas plus souvent les prières pour les malades. C'est qu'il ne serait pas glorifié par ce moyen aussi longtemps que l'on viole les lois de la santé. Il veut que la réforme sanitaire prépare le chemin à la prière de la foi. La foi et les bonnes œuvres doivent aller de pair dans la guérison de nos malades, qui rendront ainsi gloire à Dieu ici-bas et seront sauvés à la venue du Christ. Dieu veuille que ces derniers ne soient pas toujours désappointés parce que les dirigeants de notre Institut sanitaire (à Battle-Creek) agissent à la manière du monde au lieu de joindre à la simple pratique de l'hygiène les bienfaits et les vertus que doivent dispenser des pères et des mères spirituels. TE1 243.3

Que personne ne pense que cet établissement est le lieu où il faut aller pour être guéri par la prière de la foi. Mais c'est là qu'on trouvera le rétablissement par des traitements et la formation de bonnes habitudes de vie. C'est là qu'on apprendra à éviter la maladie. Mais s'il y a un lieu ici-bas où plus qu'ailleurs des hommes et des femmes dévoués et fidèles doivent offrir des prières de sympathie et de réconfort, c'est bien dans cet établissement. Ceux qui y soignent les malades devraient avoir pleine confiance que Dieu bénira leurs efforts, puisqu'il leur a demandé de travailler dans ce sens. En effet, dans sa miséricorde le Seigneur a attiré notre attention sur ces sources de santé que sont l'air pur, l'hygiène, un régime sain, l'alternance convenable du travail et du repos, et l'hydrothérapie. — Testimonies for the Church 1:561.* TE1 244.1