Le Ministère Évangélique

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Nourrir les âmes du pain de vie

Une femme pieuse fit un jour cette remarque: “Oh! si nous pouvions entendre prêcher, du haut de la chaire, le pur Evangile, comme autrefois! Notre pasteur est un homme de bien, mais il ne comprend pas les besoins spirituels de son église. Les fleurs superbes dont il couvre la croix en cachent l'opprobre et l'ignominie. Mon âme a faim du vrai pain du ciel. Combien il serait réconfortant pour tous ceux qui, comme moi, attendent cette nourriture spirituelle, d'entendre quelque chose de simple et de scriptural!” ME 28.2

Les hommes de foi font défaut, des hommes qui ne se contenteraient pas de prêcher, mais qui prendraient de l'Eglise tout le soin désirable, qui marcheraient avec Dieu tous les jours de leur vie et dont les paroles toucheraient les cœurs. Ce n'est pas pour faire étalage de ses talents et de son intelligence qu'un serviteur de Dieu doit se mettre au travail, mais pour que, telle une flèche lancée par le Tout-Puissant, la vérité se fraie un chemin jusqu'à l'âme. ME 29.1

Après avoir entendu une étude biblique qui le remua profondément, un auditeur, s'adressant au prédicateur, lui dit: “Croyez-vous réellement ce que vous avez prêché?” “Certainement”, répondit celui-ci. — “Mais est-ce la vérité?” insista l'interrogateur, anxieux. — “Certainement!” répéta le pasteur en prenant sa Bible. Alors, n'y tenant plus, son interlocuteur lui dit: “S'il en est réellement ainsi, que devons-nous faire?” Que devons-nous faire? pensa le pasteur, — nous? Que voulait dire cet homme? Cette question le troubla profondément. Il s'éloigna et supplia Dieu de lui indiquer son devoir. Et tandis qu'il priait, cette pensée s'imposa avec force à son esprit qu'il avait à faire connaître les réalités solennelles de l'éternité à un monde qui court à sa ruine. Pendant trois semaines, son siège sur l'estrade resta vide. Il cherchait une réponse à la question: “Que devons-nous faire?” ME 29.2

Il reprit enfin sa place, avec l'onction d'en haut, comprenant combien ses sermons passés avaient peu impressionné ses auditeurs. Il sentait maintenant peser lourdement sur lui les responsabilités de son ministère en faveur des âmes. Lorsqu'il monta sur l'estrade, il n'était pas seul. Il avait une grande œuvre à accomplir, mais il savait que Dieu ne l'abandonnerait pas. Devant ses auditeurs, il exalta le Sauveur et son amour incomparable; il révéla réellement le Fils de Dieu, et ce fut le début d'un réveil qui s'étendit à toutes les églises environnantes. ME 29.3