Éducation

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La discipline de la souffrance

Tous ceux qui, dans ce monde, servent fidèlement Dieu et les hommes passent par l'école de la souffrance. Plus lourde est la responsabilité et plus élevée la charge, plus dure est l'épreuve et plus rigoureuse la discipline. Éd 173.3

Voyez Joseph et Moïse, Daniel et David. Comparez la jeunesse de David et celle de Salomon, observez-en les résultats. Éd 173.4

David jeune homme faisait partie des familiers de Saül, et son séjour à la cour, son appartenance à la maisonnée du roi lui permirent de pénétrer les soucis, les chagrins et les problèmes dissimulés sous le chatoiement et le faste royaux. Il vit combien la gloire humaine était impuissante à apporter la paix à l'âme. C'est avec soulagement et joie qu'il quitta la cour du roi et retrouva ses troupeaux. Éd 173.5

Quand la jalousie de Saül l'obligea à fuir au désert, David, privé de tout soutien humain, s'appuya davantage sur Dieu. Les incertitudes et la fatigue de sa vie sauvage, les dangers incessants, la contrainte à laquelle il était soumis de fuir toujours plus loin, le caractère des hommes qui se rassemblaient autour de lui — “tous ceux qui se trouvaient dans la détresse, qui avaient des créanciers ou qui étaient mécontents” (1 Samuel 22:2), tout cela rendait indispensable une autodiscipline rigoureuse. Ces expériences éveillèrent et firent grandir en lui ses capacités de meneur d'hommes, la bienveillance à l'égard des opprimés et la haine de l'injustice. A travers ces années d'attente et de danger, David apprit à trouver en Dieu son réconfort, son soutien, sa vie. Il apprit que seul le pouvoir de Dieu l'amènerait au trône et qu'il ne pourrait régner sagement qu'en se confiant à la sagesse divine. C'est pour avoir été formé à la dure école de la souffrance que David put laisser le souvenir — malheureusement altéré par la faute qu'il commit ensuite — d'un roi qui “faisait droit et justice à tout son peuple”. 2 Samuel 8:15. Éd 173.6

Cette discipline que David apprit dès sa jeunesse manqua à Salomon. Pourtant celui-là semblait favorisé entre tous par sa condition, son caractère, la vie qu'il menait. Les débuts du règne de Salomon, jeune homme puis homme mûr plein de noblesse, bien-aimé de son Dieu, laissaient espérer une prospérité et une gloire incomparables. Les nations étaient en admiration devant les connaissances et le discernement de celui auquel l'Eternel avait accordé la sagesse. Mais s'enorgueillissant de sa prospérité, Salomon se détourna de Dieu; délaissant la joie de l'union avec son Seigneur, il rechercha la satisfaction des sens. Ecoutons-le: Éd 174.1

“J'ai exécuté de grands ouvrages: je me suis bâti des maisons; je me suis planté des vignobles; je me suis fait des jardins et des parcs, [...] J'ai acquis des esclaves hommes et femmes, [...] Je me suis aussi amassé de l'argent et de l'or, précieux trésor des rois et des provinces. Je me suis procuré des chanteurs et des chanteuses, et raffinement pour les humains, des dames en grand nombre. Je suis devenu grand, et j'ai surpassé tous ceux qui étaient avant moi à Jérusalem. [...] Tout ce que mes yeux ont réclamé, je ne les en ai pas privés; je n'ai refusé aucune joie à mon cœur; car mon cœur se réjouissait de tout mon travail; [...] Puis, j'ai envisagé tous les ouvrages que mes mains avaient faits, et la peine que j'avais prise à les faire; et voici que tout est vanité et poursuite du vent, il n'en reste rien sous le soleil. Alors j'ai envisagé de voir la sagesse, ainsi que la démence et la folie. — En effet que fera l'homme qui succédera au roi? Ce qu'on a déjà fait.” Ecclésiaste 2:4-12. Éd 174.2

“J'ai donc haï la vie. [...] J'ai haï toute la peine que je me donne sous le soleil.” Ecclésiaste 2:17, 18. Éd 175.1

Par cette expérience amère, Salomon connut le vide d'une vie qui pense trouver le bien suprême dans les choses terrestres. Il n'éleva des autels aux idoles païennes que pour apprendre combien étaient vaines leurs promesses de repos pour les âmes. Éd 175.2

Dans ses dernières années, lassé des citernes crevassées de la terre, et toujours assoiffé, il retourna boire à la source de vie. Pour les générations à venir, il rapporta, sous l'influence de l'Esprit, l'histoire de ses années perdues et des enseignements qu'elles contenaient. Ainsi, quoique son peuple ait eu à moissonner les récoltes issues de la mauvaise graine qu'elle avait jetée, la vie de Salomon ne fut pas entièrement inutile. En lui aussi la discipline de la souffrance finit par accomplir son œuvre. Éd 175.3

Mais, avec une telle aurore, comme la journée de Salomon aurait pu être belle, s'il avait appris dès sa jeunesse ce que la souffrance avait enseigné à d'autres! Éd 175.4